SAINT-FLORENTIN D'ICI ET D'AILLEURS
Saint-Florentin : sixième ville du département Sixième ville du département, Saint-Florentin voit ses activités commerciales et de services se développer. La tradition commerciale ancienne semble être une explication du redressement de ce secteur économique, mais ce n’est pas la seule. Il y a quelques années, déjà… Les foires commerciales de Champagne sont célèbres au Moyen-âge. Au XIIIème siècle, en particulier, elles servent de lieux d’échange entre le nord-ouest de l’Europe et le sud-est. Les croisades libèrent les routes commerciales de la Méditerranée. De Lyon à l’embouchure du Rhin, un vaste transit s’organise. La situation de Saint-Florentin sera un atout pour pouvoir bénéficier de cette nouvelle organisation économique. Plusieurs foires annuelles, des marchés locaux nombreux, des boutiques permanentes assurent à Saint-Florentin un développement commercial important et une prospérité certaine. Tradition commerciale bien ancrée à Saint-Florentin En 1231, Saint-Florentin, devenue un marché important, peut acheter son affranchissement moyennant une rente versée aux comtes de champagne.
En 1660, il y a deux halles à Saint-Florentin : le petit marché sur la place des Fontaines et le grand marché dans la Grande Rue. Deux fois par semaine, le lundi et le jeudi, des marchés importants ont lieu.
En 1678, une quatrième foire annuelle est créée. Le champ de foire est sur le Mail dans la rue Saint-Martin et à la Maladrerie. En 1646, 134 commerçants résident à Saint-Florentin : 22 marchands, 5 potiers d’étain, 17 tisserands, 5 pâtissiers, 9 chapeliers, 8 boulangers, 9 recuiseurs de pain, 17 revendeurs de beurre, fromage et huile, 5 cuisiniers, 18 bouchers, 19 taverniers et cabaretiers. A ce moment-là, la population est d’environ 2000 adultes ou 2000 communiants pascals. C’était le mode de recensement assez fiable à cette époque.
Au XIXème siècle, Saint-Florentin n’existe plus comme centre ecclésiastique et ce depuis la révolution, ni comme centre militaire. Seul, le commerce, loin de diminuer, prend une vigueur nouvelle. Les causes du regain commercial sont l’extension des voies de communication - routes, rail et canaux, Ces facilités d’accès seront autant d’atout par la suite pour le développement industriel de Saint-Florentin au XXème siècle-, et l’extension du commerce du bois, tissus, vins et céréales. Saint-Florentin est le lieu d’échange des produits régionaux Bourgogne, Champagne et Forêt d’Othe.
Au début du XXème siècle, le commerce décline, l’automobile apparaît. Saint-Florentin et sa région tombent dans les zones d’attraction des grandes villes. Zones desquelles, il lui est difficile de sortir.
De nos jours, le commerce ne vit que par les masses et ne s’implante durablement que dans les zones à forte concentration démographique. Les activités commerciales ont bénéficié de l’activité économique et de ses retombées démographiques. De nos jours En 1946, 165 commerçants exercent à Saint-Florentin : 125 moyens et petits et 40 gros commerçants.
En 1962, leur nombre passe à 174, pour atteindre 149 en 1975, dont 28 gros commerçants.
Leur nombre a donc fléchi sur une trentaine d’années. Le secteur tertiaire n’a pas suivi l’évolution du secteur secondaire. De 44% de la population active en 1962, sa part est revenue à 41,5% en 1975. Dans l’Yonne, la prédominance du secteur tertiaire sur tous les autres secteurs est observée.
En 1976, au sein des Vallées de l’Yonne et de l’Armançon, l’importance de ses petits commerces place Saint-Florentin en cinquième position. A cette date, par le nombre de ses commerces, le canton occupait la huitième place du département. Aujourd’hui, il est remonté à la cinquième place, juste derrière Tonnerre.
L’équipement commercial florentinois comporte deux parties : les commerces à structure traditionnelle (petite épicerie, boulangerie, etc.) et les nouveaux commerces (supermarché, centre commercial).
Mieux équipé en grandes surfaces que Tonnerre, qui est plus spécialisé dans le commerce traditionnel, Saint-Florentin fait preuve d’une bonne vitalité dans ce domaine. Par leur nombre, les commerces traditionnels, petites unités familiales, semblent un peu en retrait, ce qui n’hypothèque nullement leur réussite.
Les effectifs employés par les commerces et services de plus de 10 salariés sont en nette progression depuis 1975. Selon les ASSEDIC, les effectifs sont de358 personnes pour le 17 entreprises de commerce alors que ceux des 9 entreprises de service sont de 150 personnes. Le rayonnement florentinois La zone d’attraction de Saint-Florentin se heurte à celles d’Auxerre, Sens, Tonnerre et Troyes. Elle est surtout intense dans le canton et dans les communes rurales avoisinantes , avec une poussée au nord vers Chailley.
Si l’attraction commerciale florentinoise paraît limitée, les raisons ne manquent pas pour qu’il en soit ainsi. La principale s’appelle Auxerre, grande ville commerciale et administrative au niveau de vie plus élevé. Mais ce n’est pas la seule : Sens, Troyes, Joigny et Tonnerre contribuent aussi à réduire l’attraction florentinoise. Notre ville souffre du manque d’administrations et de service, du manque de couleur qu’un plus juste équilibrage de ses catégories socioprofessionnelles pourrait lui fournir. Si l’attraction est limitée, elle n’en existe pas moins. Les communes qu’elle attire sont, pour la plupart, issus du milieu rural. L’attrait important du marché hebdomadaire en est la preuve : lieu d’achats et de rencontres, il ponctue la vie de la région.
Il est certain que de profondes mutations se sont produites en 30 ans. La conversion semble s’être réalisée avec quelques disparitions d’établissements. Les commerces vendent des articles au goût du jour mais que les gens hésitent encore à leur demander pour aller les acheter à Auxerre. Secteur en développement, ayant un impact certain sur le marché du travail, le commerce a bénéficié de l’activité industrielle et de ses retombées démographiques.
Mais il ne peut changer l’évolution de la ville et la structure de sa population : il doit faire avec et chacun doit pouvoir juger de ses efforts et de sa réussite en ce domaine.

Zone d'attraction de Saint-Florentin

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